Prévention des espèces envahissantes : conseils aux propriétaires d’animaux de compagnie
Les espèces envahissantes non indigènes constituent un problème qui touche les sept continents. Elles causent des ravages dans les écosystèmes naturels. Comme ces organismes sont introduits de manière soudaine, ils n’ont pas de prédateurs naturels et supplantent souvent les espèces indigènes.
Pour bien comprendre la question qui nous occupe, il est important de connaître la terminologie relative aux espèces envahissantes.
Tout d’abord, les espèces indigènes sont des espèces présentes naturellement dans une région. Au fil des millénaires, les organismes d’une même région évoluent ensemble pour former un écosystème dans lequel chaque organisme remplit un rôle. Grâce à un système de freins et contrepoids, tel que la prédation et l’évolution des mécanismes de défense, les écosystèmes naturels trouvent un équilibre dans lequel aucune espèce n’est totalement dominante.
Deuxièmement, il existe des espèces non indigènes mais non envahissantes. Cette catégorie englobe la plupart des plantes et des animaux que les humains ont introduits dans de nouveaux environnements. Par exemple, les roses et les tulipes ne survivraient pas en dehors des jardins, et la plupart des poissons d’aquarium tropicaux ne pourraient pas vivre dans une rivière canadienne froide. D’autres espèces introduites, telles que les tomates et le blé, constituent une ressource alimentaire bénéfique. Aucun de ces organismes ne suscite d’inquiétude.
Enfin, nous en arrivons aux véritables problèmes : les espèces envahissantes. Les espèces envahissantes sont des espèces non indigènes introduites dans des zones situées en dehors de leur aire de répartition d’origine ; elles causent des dommages économiques ou environnementaux et peuvent se propager rapidement vers de nouvelles zones.
De nombreuses espèces envahissantes introduites en Amérique du Nord, telles que le fulgore tacheté, la chenille LDD (anciennement appelée « chenille gitane ») ou la moule zébrée, se propagent davantage par accident, en se fixant sur des véhicules, des embarcations et d’autres équipements. D’autres espèces envahissantes sont introduites intentionnellement dans de nouvelles régions, comme le Lierre anglais, le gobie à tâches noires ou la tortue à oreilles rouges, par le biais du déversement de déchets de jardin, de seaux d’appâts, ou encore par la libération d’animaux de compagnie indésirables qui s’échappent des jardins et s’établissent dans la nature.
La libération d’animaux de compagnie ou d’animaux d’aquarium contribue largement à l’apparition de nouvelles invasions. Environ un tiers des espèces envahissantes qui menacent les milieux aquatiques indigènes proviennent du commerce des poissons d’aquarium.
Par exemple, des propriétaires de poissons rouges bien intentionnés peuvent relâcher leurs poissons dans des bassins de rétention des eaux pluviales ou dans des lacs. Les poissons rouges sont adaptés au froid et se sont développés avec succès dans de nombreux plans d’eau à travers le Canada, où ils ont établi des populations reproductrices autonomes. À l’état sauvage, les poissons rouges peuvent atteindre plus de 45 cm.
C’est là que se posent les vraies questions. Pourquoi devrions-nous nous en soucier ? En quoi cela nous concerne-t-il ? Et que devrions-nous faire à ce sujet ?
Pour reprendre notre exemple précédent, les poissons rouges vivant dans les lacs canadiens n’ont pas de prédateurs naturels ; ainsi, le temps et l’énergie que les poissons indigènes consacrent à se protéger des prédateurs, les poissons rouges peuvent les consacrer à l’alimentation et à la reproduction. Cela perturbe considérablement la communauté piscicole et peut entraîner un déclin important des populations de poissons indigènes.
Les espèces envahissantes ne constituent pas seulement une menace pour notre environnement, mais aussi pour notre économie. À l’échelle mondiale, des milliards de dollars sont dépensés chaque année pour surveiller, contrôler et éradiquer ces espèces envahissantes.
Que pouvez-vous donc faire pour aider ? En principe, la prévention est le meilleur remède à tout problème. En tant que propriétaires d’animaux de compagnie, respectez les principes de l’initiative « Ne les relâchez pas ». Si vous vous trouvez dans une situation où vous ne pouvez plus vous occuper d’un animal, vous pouvez envisager ces quatre options.
- Retour : Contactez le magasin où vous avez acheté l’animal et demandez-leur s’ils acceptent de le reprendre.
- Replacement : Contactez les centres scientifiques, les zoos ou les aquariums de votre région pour savoir s’ils pourraient accueillir l’animal à des fins pédagogiques.
- Élimination : Faites sécher et congelez les plantes aquatiques indésirables, puis jetez-les à la poubelle. Pour ceux qui utilisent des poissons-appâts, il est interdit de vider votre seau à appâts, de vidanger l’eau ou de relâcher des appâts vivants dans un lac, une rivière ou tout autre plan d’eau. Vous devez plutôt : vider votre seau à terre (à 30 mètres du bord de l’eau) et congeler les vairons en surplus pour une autre sortie.
- Faites preuve de bienveillance : si toutes les autres solutions ont échoué, confiez à un vétérinaire qualifié la tâche d’euthanasier l’animal de manière humaine ; c’est bien plus charitable que de le laisser mourir de faim dans la nature ou de le laisser détruire les habitats des animaux et des plantes indigènes.
Les propriétaires d’animaux de compagnie, les aquariophiles et tous les autres acteurs à travers le monde doivent unir leurs efforts pour empêcher la propagation des espèces envahissantes. En restant vigilants et en respectant les règles de l’initiative « Ne les relâchez pas », nous pouvons assurer la sécurité de nos animaux de compagnie et de l’environnement.
