Moule zébrée

Description

Les moules zébrées sont de petits mollusques d’eau douce que l’on reconnaît à leurs motifs en zigzag caractéristiques, noirs, marron et blancs. Bien qu’elles ressemblent à la Moule quagga (une autre espèce envahissante au Canada), les moules zébrées sont plus petites, de forme plus carrée et ont un corps plus étroit.

  • Nom scientifique : Dreissena polymorpha
  • Nom(s) commun(s) : moule zébrée
  • Nom français : Moule zébrée

  • Statut réglementaire : Les moules zébrées sont répertoriées dans le Règlement fédéral sur les espèces aquatiques envahissantes au Canada. Il est interdit d’importer des moules zébrées au Canada. Les mesures visant à empêcher leur introduction sur le territoire s’appuient sur une collaboration avec l’Agence des services frontaliers du Canada ainsi qu’avec les gouvernements provinciaux et territoriaux afin d’intercepter les embarcations et les produits d’aquariophilie contaminés.

Zebra mussels

Moule zébrée © Peter Taylor, certains droits réservés (CC BY-NC)

Introduction et diffusion

Originaires de la région de la mer Noire et de la mer Caspienne, dans le sud-est de l’Europe, les moules zébrées ont été introduites pour la première fois en Amérique du Nord par les eaux de ballast rejetées par les navires à la fin des années 1980. Depuis, elles se sont propagées dans l’est du Canada et aux États-Unis, en grande partie grâce à leur capacité à se fixer sur les embarcations et à survivre hors de l’eau jusqu’à 18 jours dans des conditions humides [1]. Cette caractéristique leur permet d’être facilement transportées par voie terrestre vers de nouveaux plans d’eau.

Distribution

Des moules zébrées ont été repérées dans plusieurs grands réseaux hydrographiques d’Amérique du Nord, notamment le lac Sainte-Claire, les Grands Lacs, le fleuve Saint-Laurent, le bassin versant du Mississippi, le lac Winnipeg, la rivière Rouge, la rivière Nelson et le bassin versant de la rivière Saint-Jean (Wolastoq). En 2024, Pêches et Océans Canada (MPO) a signalé que les moules zébrées s’étaient propagées dans les eaux du Nouveau-Brunswick jusqu’à Mactaquac, près de Fredericton, sur la rivière Wolastoq (Saint-Jean).

Habitat

Les moules zébrées prospèrent dans les milieux d’eau douce et sont incapables de survivre en milieu marin. Elles se propagent par le biais des courants naturels sous forme de larves et peuvent se fixer sur n’importe quelle surface solide présente dans l’eau [2]. Parmi les principaux mécanismes de dispersion figurent la fixation sur les embarcations et la dispersion dans les eaux de ballast, ce qui rend indispensable le protocole « Nettoyez, videz, séchez » pour les utilisateurs de bateaux se déplaçant d’un plan d’eau à un autre.

Identification

  • Stade larvaire (véligers) : microscopiques et flottant librement, ils sont difficiles à détecter sans grossissement. Ils se déplacent au gré des courants et sont incapables de nager par eux-mêmes.

  • Stade adulte : Reconnaissables à leur coquille rayée et à leur petite taille, les adultes possèdent des fils byssaux près de l’ouverture de leur coquille, qui leur permettent de s’ancrer aux surfaces sous l’eau.

Conséquences

Les moules zébrées posent d’importants défis écologiques et socio-économiques. Sur le plan écologique, elles perturbent les réseaux trophiques en supplantant les moules indigènes et en filtrant les substrats présents dans l’eau. Une eau plus claire favorise la croissance de la végétation aquatique et peut entraîner des proliférations d’algues toxiques [3]. Elles sont particulièrement nuisibles aux espèces de moules indigènes, dont beaucoup risquent de suffoquer lorsque les moules zébrées s’y fixent. Sur le plan économique, elles causent des dégâts considérables aux infrastructures hydrauliques et aux embarcations en obstruant les ouvrages de prise d’eau, ce qui entraîne chaque année des dommages s’élevant à plusieurs millions de dollars au Canada.

Mesures prises par la direction

La prévention et la gestion de la propagation de la moule zébrée comprennent notamment :

  • Réglementation : s’agissant d’une espèce interdite, leur importation et leur transport sont strictement réglementés.

  • Surveillance et suivi : Le prélèvement d’ADN environnemental (ADN-e) est utilisé par les gouvernements provinciaux et les organismes fédéraux, tels que Pêches et Océans Canada (MPO), afin de faciliter la détection précoce. Sensibilisation du public : Informer le public de l’importance de nettoyer, de vider et de faire sécher toutes les embarcations et tout le matériel.

  • Inspection et décontamination : Des provinces telles que le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta ont mis en place des équipes chargées de l’inspection et de la décontamination des bateaux afin d’empêcher la propagation à l’intérieur des terres. Il est important de respecter à chaque fois les étapes suivantes : « Nettoyez, videz, séchez », car les larves sont invisibles à l’œil nu et peuvent survivre environ 18 jours hors de l’eau.

Ce que vous pouvez faire :

Observations et rapports :

Le public est invité à signaler toute observation de moules zébrées afin de contribuer aux efforts de détection précoce et de gestion. Ces signalements peuvent orienter la mise en œuvre de stratégies d’intervention rapide visant à endiguer et à limiter la propagation de cette espèce envahissante.

  • Inspectez et nettoyez les traces de végétation, d’animaux et de boue présentes sur les bateaux, les remorques et le matériel (matériel de pêche, cuissardes, bottes, etc.).

  • Videz toute l’eau de votre embarcation, de votre remorque et de votre équipement (par exemple : seaux, puits, cale, ballast, etc.).
  • Séchez soigneusement toutes les parties de votre embarcation, de votre remorque et de votre équipement entre chaque sortie.

1. Vanderbush, Brandon ; Longhenry, Chris ; Lucchesi, David ; Barnes, Michael. (2021). Une étude de la biologie, de la répartition, des impacts sur les écosystèmes aquatiques et de la lutte contre la moule zébrée, avec un accent particulier sur le Dakota du Sud, aux États-Unis. Open Journal of Ecology. 11. 163-182. 10.4236/oje.2021.112014.
2. Czerniawski, Robert, et Tomasz Krepski. « L’eutrophisation des lacs favorise-t-elle les invasions biologiques dans les rivières ? Une étude sur Dreissena polymorpha (Bivalvia) dans les écotones lac-rivière. » Ecology and evolution vol. 11,18 12686-12696. 13 août 2021, doi:10.1002/ece3.8013
3. Czerniawski, Robert, et Józef Domagała. « Réduction des communautés zooplanctoniques aux embouchures de petits lacs en fonction de facteurs abiotiques et biotiques. » Études océanologiques et hydrobiologiques 42 (2013) : 123-131.

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