Les cochons sauvages envahissants
Description
On entend par « porcs sauvages » tout animal de l’espèce Sus scrofa qui n’est pas en captivité et capable de se déplacer librement (ce qui inclut les porcs domestiques, les sangliers européens et leurs hybrides). Par conséquent, les porcs sauvages peuvent présenter une grande variété d’aspects 1, 2. Leur pelage peut aller du foncé au clair, et ils peuvent avoir soit un long museau comme les sangliers, soit un nez plus court et « aplati » comme les porcs domestiques³. Les porcs sauvages peuvent présenter une crinière de poils hérissés le long du dos et posséder des défenses proéminentes. Les porcs sauvages peuvent atteindre une taille considérable, les mâles adultes pouvant peser jusqu’à 100 kilogrammes.⁴ Les porcelets sont généralement de couleur plus claire et peuvent présenter des taches ou des rayures.
Outre le fait qu’il s’agisse de l’une des espèces les plus répandues, présente sur tous les continents à l’exception de l’Antarctique, elle compte également parmi les plus prolifiques (c’est-à-dire qu’elle donne naissance à de nombreux porcelets).¹⁻⁵

© Tobias R. Radmer via iNaturalist, utilisé sous licence CC BY NC
Introduction et diffusion
Les sangliers ont été introduits pour la première fois en Amérique du Nord, aux États-Unis, au XVIe siècle, en tant qu’espèce d’élevage destinée aux premiers explorateurs et colons. Aujourd’hui, on trouve des populations de sangliers dans la plupart des États, avec des densités particulièrement élevées au Texas, en Floride et en Californie.⁶
Au Canada, le sanglier eurasien a été introduit dans les années 1980 à des fins de production de viande en élevage et de chasse.2 À son apogée, l’élevage de sangliers au Canada comptait 200 éleveurs qui détenaient environ 36 000 animaux.4 La demande en viande de sanglier n’a jamais été aussi forte que prévu, et l’absence de marché stable dans les années 1990 a conduit certains éleveurs à relâcher intentionnellement leurs animaux dans la nature.1 Aujourd’hui, le nombre de sangliers d’élevage a considérablement diminué ; toutefois, des évasions et des lâchers continuent de se produire.7,8 Une fois à l’état sauvage, les sangliers et les porcs domestiques échappés peuvent se reproduire ensemble et donner naissance à une progéniture hybride.
Distribution
L’aire de répartition et la taille des populations de sangliers se sont rapidement étendues ces dernières années.¹,⁴ Bien que des observations occasionnelles soient signalées en Ontario et au Québec, les sangliers sauvages se trouvent principalement dans les provinces des Prairies, à savoir l’Alberta, le Manitoba et surtout la Saskatchewan.¹,⁴ Cependant, comme de nombreuses régions du Canada offrent une nourriture et un habitat adaptés, leur aire de répartition et leur effectif devraient continuer à croître dans les années à venir. D’ici cinquante ans, si rien n’est fait pour endiguer ce phénomène, le nombre de cochons sauvages en Saskatchewan pourrait dépasser la population humaine de la province !⁹
Conséquences
Les sangliers envahissants ont des répercussions négatives sur l’environnement, l’économie et la santé.
Environnement
Les activités des sangliers, telles que le fouissage, le piétinement, le roulage dans la boue et l’alimentation, peuvent avoir des effets dévastateurs sur le paysage, modifiant complètement les processus écosystémiques et les cycles des nutriments.1,7,10 Ils peuvent réduire la biodiversité en raison de la concurrence pour la nourriture et l’habitat, ainsi que par la prédation des œufs et des jeunes ou des petits animaux (par exemple, les oiseaux, les tortues, les salamandres, les grenouilles, les crabes et les serpents). Dans des cas documentés à l’échelle internationale, les sangliers sont associés à la disparition locale et à l’extinction d’espèces. Les activités des cochons sauvages à proximité des cours d’eau provoquent l’érosion, la sédimentation et l’eutrophisation, qui ont toutes un impact négatif sur la vie aquatique indigène et les services écosystémiques. Dans les forêts, ils peuvent rendre les arbres plus âgés plus vulnérables aux insectes et aux agents pathogènes en s’en servant de poteaux à gratter. Ils peuvent également ralentir la régénération forestière en se nourrissant de jeunes plants.⁷
Économique
Les pertes économiques causées par les sangliers comprennent les dégâts causés aux cultures et au matériel agricole par le piétinement et le fouissage, la prédation des jeunes animaux d’élevage (par exemple, les agneaux, les chevreaux et les veaux nouveau-nés) et les collisions avec des véhicules.1 Aux États-Unis, les pertes agricoles liées aux sangliers sont estimées à 1,5 milliard de dollars par an, tandis que les collisions entre des véhicules et des sangliers coûtent 36 millions de dollars par an.
Santé
L’une des principales menaces que représentent les sangliers réside dans leur capacité à transmettre des maladies à l’homme, au bétail et à la faune sauvage.1,7,10 La transmission directe de maladies des sangliers à l’homme a été documentée à de nombreuses reprises aux États-Unis, et une transmission indirecte par le biais de tiques ou d’eau contaminée est également possible. Les sangliers sont porteurs d’un nombre considérable de maladies qui, si elles étaient transmises au bétail domestique, entraîneraient des pertes économiques importantes.¹ Par exemple, les sangliers peuvent servir de vecteurs de la peste porcine africaine, l’une des plus grandes menaces pour l’industrie porcine mondiale. Une épidémie de peste porcine africaine aurait des conséquences dévastatrices sur l’industrie porcine canadienne, qui repose largement sur les exportations.
Comportement et écologie
La capacité d’adaptation des sangliers à diverses conditions climatiques et d’habitat contribue à leur succès en tant qu’espèce envahissante 1,12. Bien qu’ils se nourrissent principalement de végétation (par exemple, des cultures, des tubercules, des racines, des herbes), ils peuvent manger presque n’importe quoi, y compris des vers et des insectes, de petits mammifères, des œufs et même des déchets.7
Les sangliers bénéficient en outre, en tant qu’espèce envahissante, de taux de croissance élevés, d’une maturité sexuelle précoce et d’une forte fécondité (ils peuvent avoir des portées de 3 à 8 porcelets deux fois par an !).⁷ Les porcelets sont vulnérables aux prédateurs, mais ceux-ci se font rares dès qu’ils atteignent un poids d’environ 40 livres.
Les principaux facteurs de mortalité chez les sangliers sont la chasse, le piégeage et les collisions avec des véhicules.
Mesures prises par la direction
Ce que vous pouvez faire :
Que peut-on faire d’autre ?
Réglementation et application
Le renforcement de la réglementation et de son application concernant les élevages de sangliers contribuera à prévenir de futures évasions.⁸ Les méthodes de gestion non létales comprennent l’installation de clôtures pour empêcher l’accès des sangliers, le recours à des animaux de garde pour protéger le bétail et, dans la mesure du possible, la vaccination des animaux d’élevage afin de prévenir les maladies.⁴,⁷ Ces méthodes peuvent s’avérer coûteuses et s’avérer moins efficaces que les méthodes de gestion létales.
L’élimination totale des populations de sangliers sauvages est difficile en raison de leur forte fécondité et de leur nature cryptique (c’est-à-dire leur capacité à rester cachés).13 Le piégeage est une approche courante pour gérer les populations de sangliers sauvages. Pour que le piégeage soit efficace, il faut identifier les zones les plus fréquentées où installer les pièges, choisir un type et une taille de piège adaptés, attirer les sangliers et les inciter à entrer dans les pièges, et faire preuve de patience !⁷ Il a été démontré que les sangliers modifient leur utilisation de l’habitat à la suite du piégeage ; il est donc nécessaire de changer l’emplacement des pièges au fil du temps. Cela dit, les pièges peuvent devenir inefficaces si les cochons d’Inde apprennent à reconnaître le danger qu’ils représentent.
Programmes de récolte
Les programmes de chasse (y compris les programmes de primes) constituent une approche populaire mais inefficace de la gestion des sangliers.⁶ D’une part, les préférences des chasseurs font souvent que ce sont les mâles adultes qui sont ciblés, alors que la maîtrise des femelles adultes s’avère plus efficace.⁶ De plus, le fait d’abattre des animaux isolés provoque la dispersion du reste de la harde (un groupe de sangliers), ce qui crée de nouveaux groupes plus difficiles à localiser, car ils apprennent à éviter les humains.
Ressources complémentaires
Certaines régions et certains groupes au Canada ont mis en place des programmes spécifiques consacrés aux sangliers. Pour obtenir des informations, des ressources et signaler la présence éventuelle de sangliers dans votre région, veuillez consulter les informations ci-dessous. Rendez-vous sur signalez-envahissantes.ca pour découvrir d’autres moyens de signaler les observations d’espèces envahissantes.
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