Le puceron laineux du pruche

Description

Le puceron laineux de la pruche (HWA) est un insecte semblable à un puceron qui se nourrit de la sève des pruches, causant des dégâts importants et entraînant souvent la mort de l’arbre. On le reconnaît aux sacs d’œufs blancs et laineux qu’il produit, qui ressemblent à des boules de coton ou à des amas de neige situés à la base des aiguilles des pruches.

  • Nom scientifique : Adelges tsugae

  • Nom(s) commun(s) : puceron lanigère de la pruche

  • Nom français : Puceron lanigère du pruche

  • Statut réglementaire : Le puceron lanigère de la pruche (HWA) est un insecte envahissant considéré comme une menace pour les pruches. Au Canada et aux États-Unis, les efforts portent principalement sur la surveillance, la lutte contre sa propagation et la recherche de stratégies de gestion.

Hemlock Woolly Adelgid

© Chuck Cantley via iNaturalist, utilisé sous licence CC BY NC

Contexte

Identifié pour la première fois en Virginie, aux États-Unis, en 1951, le puceron lanigère du sapin de l’Oregon proviendrait, selon toute vraisemblance, de plants de pépinière infestés en provenance du Japon. Il s’est largement propagé dans l’est des États-Unis et dans certaines régions du Canada. Bien qu’il soit originaire d’Asie, le puceron lanigère du sapin de l’Oregon possède, dans son habitat d’origine, des ennemis naturels qui régulent sa population. Cependant, dans l’est de l’Amérique du Nord, l’absence de ces prédateurs naturels a entraîné une croissance démographique incontrôlée et causé des dégâts considérables aux forêts de pruches.[1]

Animateurs

Le puceron lanigère du sapin de l’Est s’attaque à diverses espèces de sapins de l’Est ; toutefois, c’est sur le sapin de l’Est (Tsuga canadensis) et le sapin de Caroline (T. caroliniana) de l’est de l’Amérique du Nord qu’il a le plus grand impact. Il représente une menace importante pour ces arbres dans l’ensemble de leur aire de répartition, tant aux États-Unis qu’au Canada.

Distribution

Le puceron laineux de la pruche est présent dans certaines régions d’Asie, ainsi que dans de nombreux États des États-Unis, notamment en Alaska, en Californie, dans le Connecticut et dans d’autres États situés le long de la côte Est. Au Canada, le puceron lanigère de la pruche a été détecté en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse (2017) et en Ontario (2012), bien que les foyers détectés en Ontario aient été éradiqués et fassent toujours l’objet d’une surveillance.

Il convient de noter que la version occidentale du puceron laineux de la pruche représente une branche génétique distincte de celle de son homologue oriental, ce qui suggère qu’il s’agit d’une espèce indigène de la région plutôt que d’une espèce introduite. Les sylviculteurs de l’Ouest s’inquiètent de la possibilité que le biotype oriental du puceron lanigère de la pruche ne se propage vers la région occidentale, en raison des incertitudes concernant la gravité potentielle de la mortalité des arbres.

Biologie

Le puceron lanigère du pruche se reproduit de manière asexuée en Amérique du Nord, avec deux générations par an. Son cycle de vie comprend des stades de dormance et des périodes de croissance démographique rapide favorisées par la ponte. L’absence d’une génération ailée viable limite sa dispersion naturelle sur de longues distances ; sa propagation dépend donc du vent, des animaux ou de l’activité humaine [2].

Détection et identification

Les signes d’une infestation par le puceron laineux de la pruche comprennent la présence de sacs laineux blancs sur les rameaux de pruche, la chute prématurée des aiguilles, l’éclaircissement de la cime et, à terme, la mort de l’arbre. L’identification consiste à repérer les sacs d’œufs caractéristiques à l’aide de pièges et de lance-pierres modifiés, ainsi qu’à observer les symptômes de dégâts sur les arbres.

Les symptômes observés sur les arbres infestés sont les suivants :

  • Les « sacs laineux blancs » : des amas blancs et duveteux ressemblant à du coton apparaissent à la base des aiguilles de pruche et sont particulièrement visibles au printemps.

  • Décoloration du feuillage : les aiguilles prennent une teinte vert grisâtre à mesure que la santé de l’arbre se détériore, ce qui contraste avec la couleur vert foncé des arbres sains et non touchés par la maladie.

  • Perte d’aiguilles et dépérissement : La chute prématurée des aiguilles et le dépérissement des rameaux et des branches sont fréquents à mesure que l’infestation progresse.

  • Dégradation générale : Les arbres infestés présentent une couronne moins fournie et peuvent mourir dans un délai de 4 à 15 ans après avoir été infestés.

Étapes de la vie permettant l’identification

Au Canada, le puceron lanigère du sapin ne parcourt qu’une partie de son cycle de vie, contrairement aux populations du Japon, d’où provient cet insecte envahissant.

  • Stade de l’œuf : Les œufs sont oblongs, de couleur ambrée et extrêmement petits, ce qui les rend difficiles à observer sans loupe. Ils sont pondus par lots à l’intérieur d’ovisacs laineux produits par les pucerons adultes.

  • Stade nymphal : Les nymphes de premier stade, ou « crawlers », constituent le stade mobile de ce ravageur, ce qui lui permet de se propager vers de nouvelles zones. Elles sont de couleur brun-rougeâtre et très petites, et entrent ensuite dans une période de dormance (estivation) pendant l’été. Les nymphes reprennent leur activité à l’automne, se nourrissant et se développant tout au long de l’hiver.

  • Stade adulte : Les adultes sont recouverts d’un épais revêtement cireux, ce qui leur donne l’aspect de minuscules boules de coton. Ce revêtement laineux est particulièrement visible et sert de couche protectrice aux œufs.

Œufs du puceron lanigère de la pruche

Stade de l’œuf

Stade de nymphe

Hemlock woolly adelgid adult

Phase adulte

Conséquences

Dans les zones touchées, notamment aux États-Unis, le puceron lanigère de la pruche a entraîné une disparition généralisée des forêts de pruches, ce qui a eu des répercussions sur l’habitat de la faune, le cycle de l’eau et des nutriments, et a accru les taux d’érosion. Sur la côte est du Canada, les menaces que fait peser le puceron lanigère de la pruche sur cette dernière remettent en cause les savoirs écologiques traditionnels des peuples Wabanaki concernant l’importance médicinale, cérémonielle et culturelle de cet arbre.

Les répercussions économiques, culturelles et écologiques du puceron lanigère de la pruche ont donné lieu à une mobilisation concertée en faveur de sa gestion et de sa lutte.

Gestion et perspectives d’avenir

Les efforts de gestion comprennent des mesures réglementaires visant à prévenir la propagation, la recherche en matière de lutte biologique et les traitements chimiques. La lâcher de coléoptères prédateurs, tels que le Laricobius nigrinus, originaire du nord-ouest du Pacifique et se nourrissant exclusivement de pucerons [3], ainsi que les stratégies de lutte intégrée contre les ravageurs, laissent entrevoir la possibilité de maîtriser les populations de l’HWA et de préserver les forêts de pruches.

Collaboration et recherche

Les travaux de recherche en cours et la collaboration entre les administrations publiques, les associations à but non lucratif et les groupes locaux visent à améliorer les méthodes de détection, à mieux comprendre la biologie de ce ravageur et à mettre au point des mesures de lutte efficaces. La science citoyenne et le signalement des observations sont encouragés afin de contribuer à ces efforts.

Ce que vous pouvez faire :

Vous pouvez prévenir la propagation du puceron laineux de la pruche en :

  • ne pas déplacer le bois de chauffage
  • Éloigner les mangeoires à oiseaux des pruches

Si vous êtes confronté à une infestation :

  • couper les branches infestées
  • enlever et brûler les arbres infestés

N’oubliez pas d’adopter la devise « Achetez local, brûlez local » afin de protéger les habitats naturels et la biodiversité en empêchant la propagation des espèces envahissantes.

Signalez toute observation potentielle du puceron lanigère de la pruche à votre conseil local chargé des espèces envahissantes, à l’ACIA ou via le site web iNaturalist.

Pour plus d’informations et de ressources sur le puceron laineux du sapin, rendez-vous sur :

1. P. McCarty, Elizabeth et Karla M. Addesso. « Lutte contre le puceron lanigère du pruche (Hemiptera : Adelgidae) dans les forêts, les aménagements paysagers et les pépinières. » Journal of Insect Science (en ligne), vol. 19, n° 2 (2019) : iez031. doi : 10.1093/jisesa/iez031

2. S. Limbu, M. A. Keena, M. C. Whitmore, « Le puceron laineux de la pruche (Hemiptera : Adelgidae) : un ravageur non indigène des pruches dans l’est de l’Amérique du Nord », Journal of Integrated Pest Management, volume 9, numéro 1, 2018, p. 27, https://doi.org/10.1093/jipm/pmy018

3. Onken, B. ; Reardon, R. 2011. Mise en œuvre et état d’avancement de la lutte biologique contre le puceron laineux de la pruche. Département américain de l’Agriculture, Service forestier des États-Unis, Équipe chargée des technologies de santé forestière (FHTET), Transfert de technologies, FHTET-2011-04 (décembre). Disponible à l’adresse : https://www.fs.usda.gov/naspf/publications/implementation-and-status-biological-control-hemlockwoolly-adelgid.

Catégories d’espèces envahissantes

Entravez leur propagation : signalez les espèces envahissantes

Comment prévenir et gérer les espèces envahissantes

L’impact des espèces envahissantes sur les écosystèmes et l’économie du Canada

Ressources sur les espèces envahissantes : guides, manuels et bonnes pratiques