« Éliminez-le ! Écrasez-le, réduisez-le en miettes… débarrassez-vous-en, tout simplement. »

Un ravageur dangereux menace le Canada. Cet insecte vorace, originaire d’Asie du Sud-Est, est susceptible de causer des dégâts catastrophiques tant à l’industrie agricole canadienne qu’à son environnement naturel. Cette menace est connue sous le nom de « Le fulgore tacheté » (SLF).

Qu’est-ce que le fulgore tacheté ?

Le SLF est un insecte qui se déplace d’une plante à l’autre, originaire d’Asie du Sud-Est, et qui est devenu une espèce envahissante posant problème aux États-Unis et en Corée. Alors que les juvéniles ne sont capables que de sauter, les adultes possèdent également la capacité de voler sur de courtes distances et de planer portés par le vent.

À quoi ressemble le fulgore tacheté ?

Le fulgore tacheté adulte – vue de dessus

Puceron du fulgore tacheté adulte – vue de profil

Nymphes du fulgore tacheté à leurs 3e et 4e stades de développement

Le SLF présente un aspect très caractéristique. Les adultes mesurent 2,5 cm de long et possèdent des ailes grises parsemées de taches noires. Lorsqu’ils déploient leurs ailes, leur face inférieure est d’un rouge vif.

Les jeunes nymphes sont d’abord noires avec des taches blanches et prennent une teinte plus rougeâtre à mesure qu’elles grandissent. Le fulgore tacheté passe par quatre stades de développement (stades larvaires) avant d’atteindre l’âge adulte. Les trois premiers stades sont noirs avec des taches blanches et se ressemblent, à l’exception de leur taille qui augmente. Au quatrième stade, elles deviennent nettement plus grandes, mesurant environ 1,25 cm, et leur coloration vire au rouge vif avec des taches noires et blanches.

Les œufs sont bruns, ressemblent à des graines et sont recouverts d’une sécrétion grisâtre, formant ainsi une masse d’œufs disposée verticalement en forme d’ovale.

Le fulgore tacheté est-il déjà présent au Canada ?

Non. À ce jour, elles n’ont été recensées qu’aux États-Unis. Elles ont été identifiées pour la première fois en Pennsylvanie en 2014 et sont désormais présentes dans 11 États différents à travers les États-Unis.

À l’heure actuelle, les SLF sont considérées comme une espèce faisant l’objet d’une alerte au Canada, et leur propagation fait l’objet d’une surveillance attentive de la part de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Quels sont les risques liés à la présence du fulgore tacheté ?

Le fulgore tacheté se déplace souvent en essaims et l’on peut observer d’importantes quantités de miellat sous les arbres qu’il a infestés

Ces insectes représentent un risque majeur pour le secteur agricole nord-américain. Bien que leur source de nourriture préférée soit l’Ailante glanduleux, un arbre originaire d’Asie du Sud-Est considéré comme envahissant en Amérique du Nord, ils sont également connus pour se nourrir de vignes, d’arbres fruitiers à chair tendre et de plus de 100 autres variétés d’arbres, dont certaines revêtent une grande importance pour la sylviculture et l’agriculture.

Le secteur canadien du vin et du raisin génère un impact économique de 9 milliards de dollars pour l’économie canadienne. Ce secteur emploie plus de 37 000 personnes et génère 1,7 milliard de recettes fiscales. Le secteur canadien des fruits fragiles apporte également des millions de dollars à l’économie.

L’arrivée du fulgore tacheté pourrait avoir des conséquences désastreuses pour ces secteurs. La Pennsylvanie a déjà subi des dégâts considérables dans ses secteurs viticole et fruitier. Les autorités estiment que si l’infestation n’est pas maîtrisée, la Pennsylvanie à elle seule pourrait enregistrer des pertes de recettes se chiffrant en millions de dollars.

De plus, les nymphes du fulgore tacheté se nourrissent volontiers des arbres indigènes, notamment des érables, des bouleaux et des saules. Bien que l’alimentation du fulgore tacheté ne tue pas nécessairement les arbres, elle les affaiblit, les rendant ainsi plus vulnérables aux maladies.

Les cochenilles sécrètent également une substance sucrée appelée « miellat », qui provoque l’apparition de taches de moisissure sur l’arbre et attire d’autres insectes. Déjà affaibli par l’attaque des cochenilles, l’arbre est moins à même de se défendre contre les assauts d’autres insectes.

Quelles mesures sont prises pour empêcher la propagation du fulgore tacheté ?

Le SFL a été ajouté à la liste des organismes nuisibles réglementés de l’ACIA en 2018 afin d’empêcher son introduction et sa propagation à partir des zones infestées. L’ACIA met également en place des exigences supplémentaires en matière d’importation pour les végétaux et produits végétaux à haut risque provenant d’États américains infestés.

Des campagnes de sensibilisation et de signalement sont actuellement menées par les pouvoirs publics à tous les niveaux ainsi que par des associations à but non lucratif partout au Canada et aux États-Unis.

Comment pouvez-vous contribuer à empêcher la propagation du fulgore tacheté ?

L’ailante glanduleux est un arbre d’ornement courant qui constitue une source de nourriture naturelle pour les SLF

La vigilance du public est essentielle pour empêcher la propagation du fulgore tacheté. Voici ce que vous pouvez faire pour y contribuer :

  • Signalez toute observation à l’Agence canadienne d’inspection des aliments à l’adresse www.inspection.gc.ca/pests (vous trouverez les informations relatives à la déclaration dans votre province ou territoire sur le site signalez-envahissantes.ca)
  • Soyez attentifs aux passagers clandestins : les punaises-lanternes ne volent pas très bien, mais elles sont très douées pour se faire transporter par les voitures et tout autre objet en mouvement.
  • Grattez et détruisez les masses d’œufs : le déplacement de ces masses vers de nouveaux endroits constitue un facteur majeur d’établissement de nouvelles populations. Les SLF hibernent au stade de l’œuf. Chaque masse d’œufs peut contenir entre 40 et 50 œufs, ce qui peut déclencher une nouvelle infestation là où ils éclosent. Les masses d’œufs peuvent être détruites en les écrasant dans de l’alcool à 70°, du gel hydroalcoolique ou de l’eau savonneuse.
  • Retirez les ailantes glanduleux de votre jardin : ces arbres, très appréciés comme arbres d’ornement, servent d’hôtes aux punaises-lanternes. Le retrait des ailantes glanduleux contribuera à freiner la capacité de la punaise-lanterne à trouver des hôtes et à se propager. Vous pouvez signaler toute observation d’ailant sur les plateformes de signalement locales. Ces informations seront utiles pour les actions de détection et d’intervention.

Restez vigilant face aux espèces envahissantes ou à celles que vous ne connaissez pas, et contribuez ainsi à protéger notre secteur d’activité, nos écosystèmes indigènes et nos communautés.

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