Comment les sangliers survivent aux hivers canadiens

Les sangliers ont fait l’objet d’une attention particulière, notamment suite à l’annonce récente de la découverte d’une harde (groupe de sangliers) dans le parc national d’Elk Island.

Les cochons sauvages sont les descendants du sanglier eurasien, importé d’Europe et d’Asie, et des porcs domestiques. Les sangliers d’élevage se sont soit échappés de leur captivité, soit ont été relâchés, et se sont croisés avec des porcs domestiques.

Ce croisement a donné naissance à une espèce envahissante qui s’est très bien implantée, a colonisé de vastes régions du sud des États-Unis et fait désormais des ravages dans l’ouest du Canada.

Omnivores opportunistes, les sangliers mangent tout ce qu’ils trouvent. Cela inclut les cultures agricoles, les œufs d’oiseaux, les racines, les amphibiens et tout ce qui croise leur chemin. En raison de leur appétit et de leur penchant pour le creusement et le roulage dans la boue, ils ont causé d’énormes dégâts économiques et environnementaux dans les régions qu’ils envahissent.

Une simple recherche sur Internet vous permettra de constater à quel point cette espèce envahissante peut être destructrice. Cependant, ce qui la rend unique, c’est sa capacité à prospérer dans une grande variété de climats.

D’un point de vue historique, l’expansion vers le nord des espèces envahissantes originaires de régions chaudes tend à être limitée par la température. Le sanglier eurasien est présent de l’Afrique du Nord à l’Europe occidentale, la majeure partie de sa population se trouvant dans les forêts de feuillus à feuilles caduques situées près de la limite sud de son aire de répartition.

À l’inverse, les prairies canadiennes sont connues pour leurs hivers froids et arides, avec peu de couverture arborée offrant un abri. Il est fréquent que les provinces des prairies connaissent des journées hivernales où la température descend en dessous de -20 °C. En février 2021, Nipawin, en Saskatchewan, a battu un record vieux de 85 ans en enregistrant une température de -43,9 °C.

Comment se fait-il qu’un animal originaire des climats chauds se soit si bien adapté aux températures glaciales, alors que la plupart des autres espèces n’y parviennent pas ? Les sangliers ont fait preuve d’une combinaison parfaite d’adaptations physiques et comportementales qui leur a permis de prospérer là où d’autres ont échoué.

Tout d’abord, les porcs vivant dans des climats plus froids ont développé un pelage épais et hirsute qui les aide à se protéger du froid. À l’instar d’autres animaux adaptés au froid, les porcs développent un pelage d’hiver plus épais et un pelage d’été plus léger.

 

Toujours en matière d’adaptations physiques, les cochons sont très doués pour creuser et fouiller la neige. Leur excellent odorat les aide à trouver de la nourriture cachée sous la neige. Étant omnivores, tout ce qu’ils trouvent figure à leur menu. Ils ne sont pas difficiles !

Enfin, les cochons du Nord sont réputés pour leur ingéniosité. On a observé des cochons construire des « pigloos », c’est-à-dire des terriers qu’ils creusent dans les bancs de neige. Les propriétés isolantes de la neige leur permettent de conserver la chaleur et d’attendre ainsi en toute sécurité la fin des périodes de froid glacial. On a également observé des pigloos construits à partir de roseaux dans les zones marécageuses. Le fait de vivre en groupe contribue à créer une chaleur supplémentaire pour l’ensemble du troupeau.

En raison de leur mode de vie nocturne et de leur caractère insaisissable, les sangliers sont encore plus difficiles à repérer en hiver qu’en été. Il est toutefois vivement recommandé de signaler toute observation ou tout signe de présence de sangliers dans une zone donnée.

Pour plus d’informations sur la manière de signaler la présence de sangliers selon votre province ou territoire, veuillez suivre les liens disponibles sur notre site web.

Malgré les efforts déployés au Canada et aux États-Unis pour gérer cette espèce par le biais de programmes de chasse, les sangliers ont fait preuve d’une capacité surprenante à s’adapter rapidement pour échapper aux humains et à la menace de la chasse, ce qui rend leur détection d’autant plus difficile. Compte tenu de cela, la chasse ne constitue plus une solution viable pour éradiquer les cochons sauvages. Des experts s’efforcent de mettre en œuvre des méthodes permettant de capturer des hardes entières afin de mieux gérer les populations de cochons sauvages.

N’oubliez pas : pour protéger notre environnement et notre économie, dénoncez toujours les sangliers!

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