« Agissez, soyez prudents au bord de l’eau » : bilan et célébration du projet !

Nous célébrons le succès du projet « Take Action, Be Aquatic Wise », mené depuis trois ans ! Dès 2018, le Conseil canadien sur les espèces envahissantes (CCIS) a reçu une subvention du Programme de financement communautaire ÉcoAction, par l’intermédiaire d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) (Canada), afin de s’associer au Conseil sur les espèces envahissantes de la Colombie-Britannique (ISC BC) et le Conseil des espèces envahissantes de la Saskatchewan (SISC) afin de collaborer avec des partenaires locaux dans ces deux provinces et de mener des actions de restauration des habitats aquatiques visant à éliminer les espèces aquatiques envahissantes, ce qui a permis de restaurer des zones riveraines et des zones humides. L’objectif général du projet est d’améliorer la qualité de l’eau, de restaurer des berges et des zones humides clés, ainsi que de sensibiliser la population à la menace que représentent les espèces envahissantes à travers le Canada. Grâce à l’aide de nos partenaires et de nos bénévoles, le programme « Take Action, Be Aquatic Wise » a eu un impact positif au sein des communautés locales grâce à des actions concrètes d’élimination et de prévention des espèces envahissantes sur nos berges et dans nos cours d’eau. Vous trouverez ci-dessous un résumé des activités menées sur le terrain par nos partenaires tout au long de ce projet :

Résumé des activités de terrain du Conseil des espèces envahissantes de la Saskatchewan (SISC) :

La Native Plant Society of Saskatchewan, la Meewasin Valley Authority, les South Saskatchewan River Watershed Stewards et le Saskatchewan Invasive Species Council ont uni leurs forces et pris en charge 45 km de la rivière Saskatchewan Sud infestés de Butome à ombelle (Butomus umbellatus). Outre les groupes mentionnés, le soutien apporté par les bénévoles comprenait des représentants du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan, du Lions Club de Leader et de la ville de Leader.

Zones ciblées en Saskatchewan : la rivière Saskatchewan Sud

Mesures prises :

  • Les rives du fleuve ont été inspectées par des équipes en canoë sur l’ensemble des 45 km de la zone adoptée.
  • Des peuplements de Butomes à ombelle ont été repérés et cartographiés.
  • Les équipes sont retournées aux sites répertoriés et ont éliminé toutes les plantes repérées au cours de la première année, puis ont commencé à progresser vers l’ouest, en direction de l’Alberta, d’où provient l’infestation de Butomes à ombelle.
  • Les travaux se poursuivront au cours des prochaines années afin, d’une part, d’étudier d’autres tronçons du cours d’eau en aval et, d’autre part, d’éradiquer le Butome à ombelle en amont du point où les activités ont pris fin pour la saison, dans l’espoir de créer et de maintenir une zone tampon exempte de Butome à ombelle depuis la frontière de l’Alberta jusqu’en Saskatchewan.
  • Des communiqués concernant le Butome à ombelle ont été envoyés aux médias locaux dans le but de les sensibiliser à la menace que représente cette plante dans leur région.
  • La Native Plant Society of Saskatchewan a également surveillé une autre zone riveraine afin de détecter la présence de Butomes à ombelle, qui avait déjà été infestée par cette plante. Pour la première fois depuis le début des opérations de surveillance et d’éradication, il y a dix ans, aucun Butome à ombelle n’a été repéré.
  • Au cours de la deuxième année, les relevés et les opérations d’élimination depuis la rive se sont poursuivis sur certains tronçons de la rivière, et des relevés par drone visant à détecter la présence de Butomes à ombelle ont été testés.
  • Sur le site du Butome à ombelle, situé dans la zone humide de 2 hectares près de Watrous, en Saskatchewan, une étude approfondie des berges a été menée.

Défis :

  • En raison des retards et des restrictions liés à la COVID-19 au cours de la deuxième année de ce projet, les travaux sur le terrain n’ont pas pu être menés à bien comme l’année précédente.
  • Par ailleurs, en raison des niveaux d’eau élevés et des courants rapides, il n’a pas été possible, pour des raisons de sécurité, de mener des relevés aquatiques visant à recenser le Butome à ombelle sur la rivière Saskatchewan du Sud au cours de la deuxième année.
  • On craint que certaines populations de Butomes à ombelle qui n’ont pas pu être éliminées en 2019 et qui n’ont pas été retrouvées en 2020 aient été emportées plus en aval par les crues.

Dans l’ensemble, les activités de surveillance menées par le SISC ont montré que l’éradication du Butome à ombelle a été couronnée de succès, avec très peu de réapparition. Sur le site du Butome à ombelle situé près de Watrous, en Saskatchewan, aucune nouvelle plante n’a été repérée pour la deuxième année consécutive, ce qui indique que les efforts d’éradication menés à cet endroit ont porté leurs fruits.

DansConseil des espèces envahissantes de la Colombie-Britannique (ISC BC) – Résumé des activités sur le terrain :

L’ISC BC s’est associé à la Columbia Shuswap Invasive Species Society (CSISS), à l’association « Friends of Bridge Lake », à la bande indienne de Williams Lake et à l’association « Friends of Todd Creek Watershed », et a gagné deux nouveaux partenaires au cours de la deuxième année : le Lac des Roches et la Burnaby Lake Park Association, afin de mener à bien les activités de restauration. Des bénévoles issus des communautés locales ont également participé à ces actions.

Zones ciblées en Colombie-Britannique : White Lake et Little White Lake, Bridge Lake, le bassin versant de Todd Creek, les rives du lac Shuswap, le lac Prospect, le lac Maltby, Scout Island, le parc du lac Burnaby

Mesures prises :

  • Éradication de l’iris faux-acore. Les partenaires et les bénévoles se sont attachés à arracher les plantes et les racines d’autant d’iris que possible dans le temps imparti. Les tiges des iris en fleur ont ensuite été coupées vers la fin de la journée d’éradication afin de ralentir et d’empêcher toute propagation ultérieure sur le site.
  • Un inventaire des iris faux-acore a été réalisé afin de permettre aux groupes de planifier les lieux de retrait pour la saison suivante.
  • Une fois les iris faux-acore éliminés, les partenaires ont mené des activités de surveillance et de restauration sur chaque site afin d’éliminer toute plante envahissante restante. Toute nouvelle pousse a été coupée et la bâche en vinyle a été remise en place sur le site. D’autres piquets ont été enfoncés dans la bâche afin de la maintenir en place pour l’année suivante.
  • L’un des partenaires a mené un échantillonnage de palourdes asiatiques le long du littoral afin de déterminer leur présence dans la région.
  • L’ISCBC a apporté son soutien à ses partenaires en leur fournissant des ressources et du matériel afin de les aider à adopter un habitat aquatique.
  • Un inventaire des plantes aquatiques a été réalisé sur un site ; la myriophylle en épi a été observée lors de cet inventaire.
  • Organisation d’événements liés à la gestion responsable en vue de la prochaine saison de terrain.

Défis :

  • En raison de la COVID-19, bon nombre des activités et événements de gestion prévus pour le printemps et l’été au cours de la deuxième année du projet ont été annulés ou reportés à la saison de terrain suivante.

L’ISC BC continue de nouer des liens avec de nouveaux partenaires à travers la Colombie-Britannique, dans les secteurs du tourisme et des ports de plaisance, afin de discuter et de collaborer sur des partenariats et des messages liés à la prévention des espèces envahissantes, ainsi que de solliciter des engagements en faveur de mesures visant à prévenir leur propagation. ISC BC a lancé et met actuellement à l’essai des ressources et des formations dans le cadre d’un projet intitulé « Invasive Wise Tourism », qui contribuera à soutenir davantage les objectifs du projet « Take Action, Be Aquatic Wise » à l’avenir.

Agissez, soyez responsables vis-à-vis de l’environnement aquatique – Résumé de l’étude sur la gestion des ressources :

Outre le travail de terrain mené avec succès au sein des communautés locales de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan, ce projet a permis de développer un certain nombre de ressources et de conseils pratiques précieux pour agir, afin de prévenir la propagation des espèces envahissantes et de mieux protéger nos écosystèmes aquatiques à travers le Canada. Parmi ces ressources, citons la trousse « Adoptez un habitat aquatique » (ICI) ainsi que le lancement du programme « Invasive-Wise Marinas » et l’ensemble de ressources et la page Web qui y sont associés (ICI). Consultez l’un de nos précédents articles de la rubrique « Passez à l’action, soyez responsable de l’environnement aquatique » pour découvrir ces excellentes ressources (ICI) !

Résultats de l’enquête réalisée à l’issue du programme :

Afin d’évaluer la réussite du projet, il a été demandé aux organisations locales et aux bénévoles impliqués dans ce projet de répondre à une enquête portant sur les changements de comportement au cours des campagnes de terrain de 2019 et 2020. Cette enquête a permis de recueillir des informations sur la sensibilisation et les attitudes des personnes vis-à-vis des espèces envahissantes dans les communautés de Colombie-Britannique et de Saskatchewan où le programme a été mis en œuvre. Une deuxième enquête, dite « post-programme », a été lancée en février 2021 afin de recueillir à nouveau des informations auprès des organisations locales et des bénévoles, dans le but de les comparer aux résultats de la première enquête et de contribuer à mesurer l’évolution des comportements à la suite de ce projet. Vous trouverez ci-dessous un aperçu des principales conclusions issues de l’analyse des deux enquêtes :

  • Le nombre de collaborateurs de chaque organisation variait entre 0 et 7 lors de la première enquête et est passé à une fourchette comprise entre 0 et 21. En moyenne, 45 % de l’ensemble des personnes interrogées provenaient d’organisations fonctionnant grâce à des bénévoles.
  • Le nombre de bénévoles par organisation variait entre 10 et 100 lors de la première enquête et entre 15 et 1 000 lors de la seconde, ce qui pourrait indiquer une augmentation du nombre d’inscriptions ou de la participation des bénévoles.
  • Les résultats ont montré que les personnes interrogées estimaient que leurs connaissances et leurs capacités en matière de gestion des espèces aquatiques envahissantes s’étaient améliorées après avoir participé à ce projet :
    • Une superbe offre : 30 %
    • Beaucoup – 30 %
    • Une quantité modérée – 30 %
    • Un peu – 0 %
    • pas du tout – 0 %
  • Les connaissances relatives à la capacité à faire face aux espèces aquatiques envahissantes ont été notées sur une échelle de 1 à 10, 10 correspondant à un niveau de connaissances plus élevé. La note moyenne globale obtenue lors de la première enquête était de 7 et est passée à 7,3 lors de la deuxième enquête.
  • Les organisations ont indiqué avoir mené les actions suivantes pour prévenir la propagation des espèces aquatiques envahissantes, classées de la plus courante à la moins courante :
    1. Recensement et surveillance des nouvelles espèces aquatiques envahissantes
    2. Lutte sur le terrain contre les espèces aquatiques envahissantes et leur élimination
    3. Activités axées sur la prévention (par ex. « Nettoyez, videz, séchez », « Ne les relâchez pas)
    4. Sensibilisation et éducation en général
  • Les personnes interrogées ont indiqué dans quelle mesure, selon elles, les actions de prévention des espèces envahissantes menées par leur organisation avaient évolué entre 2019 et 2021, selon les niveaux suivants :
    • Une très bonne affaire – 0 %
    • Beaucoup – 67 %
    • Une quantité modérée – 33 %
    • Un peu – 0 %
    • pas du tout – 0 %
  • Les personnes interrogées ont indiqué les activités qu’elles avaient prévues pour la saison de terrain 2021-2022, une fois ce projet achevé. Les activités suivantes sont classées par ordre décroissant de fréquence :
    • Mener à bien l’élimination et la gestion d’une espèce aquatique envahissante spécifique
    • Participez à des événements de sensibilisation afin de diffuser des informations
    • Autres (relevés, prélèvements et surveillance des espèces aquatiques envahissantes ; actions de prévention ; suivi post-traitement ; programmes de terrain consacrés aux espèces terrestres envahissantes)
  • Lors des première et deuxième enquêtes, les personnes interrogées ont classé, sur une échelle de 1 à 3, les espèces envahissantes sur lesquelles elles se concentraient le plus. Les espèces ci-dessous sont répertoriées par fréquence de sélection et selon le classement établi par les personnes interrogées (de la plus fréquente à la moins fréquente) :
    1. Iris faux-acore
    2. Les moules zébrées et les moules quagga
    3. Myriophylle en épi
    4. Butome à ombelle
    5. Grenouille-taureau d’Amérique
    6. Roseau des canaries
    7. Euphorbe à feuilles larges
    8. Saule doré
    9. Carpe de Prusse
  • Il a été demandé aux organisations d’indiquer auprès de quelles sources de financement figurant sur une liste elles avaient déposé une demande de subvention. Les résultats sont classés de la plus courante à la moins courante :
    • Principes fondamentaux
    • Gouvernement provincial / territorial
    • Gouvernement fédéral
    • Gouvernement régional
    • Sociétés
    • Autres
  • On a demandé aux personnes interrogées si leur organisation avait obtenu un financement et, le cas échéant, d’où provenait celui-ci, afin de mener à bien les activités de terrain prévues pour la saison 2021-2022 :
    • Oui — 33 % proviennent de financements fédéraux.
    • Non – 67 %
  • Les organisations ont eu recours aux activités de communication suivantes pour promouvoir leur travail, classées de la plus courante à la moins courante :
    1. Réseaux sociaux
    2. Lettres d’information électroniques
    3. Communiqués de presse
    4. Annonces dans les journaux
    5. Autres (site web et YouTube)
  • On a demandé aux personnes interrogées si leur organisation avait constaté une augmentation des réactions de son public à la suite des actions de communication menées depuis 2019 (par exemple, interactions sur les réseaux sociaux, abonnés/contacts, demandes de renseignements du public, etc.) :
    • Une très bonne affaire – 0 %
    • Beaucoup – 67 %
    • Une quantité modérée – 33 %
    • Un peu – 0 %
    • pas du tout – 0 %
  • Les personnes interrogées ont indiqué que des ressources telles que des outils et du matériel, des financements, des consultants spécialisés, du personnel supplémentaire pour les actions de sensibilisation, ainsi que des informations régulières sur les activités menées par d’autres groupes seraient particulièrement utiles pour aider leur organisation à prévenir la propagation des espèces aquatiques envahissantes.

L’analyse ci-dessus des résultats d’une enquête menée auprès d’organisations et de leurs bénévoles mettant en œuvre le programme « Take Action, « Be Aquatic Wise » en Saskatchewan et en Colombie-Britannique fait état d’évolutions positives concernant le nombre d’employés et de bénévoles, d’une amélioration des connaissances et des capacités en matière de gestion des espèces envahissantes, d’une réponse accrue de la part du public, ainsi que d’une évolution des actions menées depuis le lancement de ce projet. Ces résultats fournissent également des informations sur les sources de financement des organisations, les actions menées contre les espèces envahissantes, les actions de communication visant à sensibiliser le public, ainsi que sur les espèces envahissantes considérées comme prioritaires dans les deux provinces. Ces informations vous aident non seulement à comprendre la nécessité et l’impact du programme « Take Action, Be Aquatic Wise », mais soulignent également la nécessité de poursuivre les efforts de restauration et la mise en œuvre des ressources créées au cours de ce projet. Le personnel du CCIS s’engage à collaborer avec l’ISC BC et le SISC afin de poursuivre la diffusion de ces ressources auprès de leurs partenaires et dans l’ensemble des autres provinces et territoires du Canada !

Nous remercions tous nos partenaires de nous avoir aidés à mettre en œuvre ce programme visant à protéger les berges et les zones humides, ainsi qu’à encourager les Canadiens à passer à l’action et à adopter un comportement responsable au bord de l’eau !

Continuez à sensibiliser votre entourage aux espèces aquatiques envahissantes et à leur expliquer comment elles peuvent apporter leur aide :

Même si le programme « Take Action, Be Aquatic Wise » touche à sa fin, le CCIS s’engage à continuer d’encourager les Canadiens à protéger et à restaurer les écosystèmes aquatiques d’un océan à l’autre ! Vous trouverez ci-dessous une liste de mesures importantes que tous les Canadiens peuvent prendre pour contribuer à prévenir la propagation d’espèces aquatiques envahissantes nuisibles et à protéger nos rivages, aujourd’hui et à l’avenir :

1. Apprenez à les reconnaître et signalez-les. En apprenant à les reconnaître et en signalant vos observations, vous contribuez à leur détection précoce, ce qui permet de prendre des mesures pour empêcher leur propagation. Si nous savons où se trouvent ces espèces avant qu’elles ne s’implantent, nous pourrons peut-être les en empêcher. Pour en savoir plus sur les espèces présentes dans votre province ou votre territoire, ainsi que sur le système de signalement à utiliser, cliquez ICI.

2. Empêchez leur propagation. Si vous aimez sortir, faire du vélo, pêcher, faire du bateau, du kayak, etc., vous risquez de propager des espèces envahissantes sans même vous en rendre compte. Veillez à nettoyer et à inspecter votre équipement afin de vous assurer qu’il ne comporte pas de plantes ou d’animaux envahissants avant de vous rendre dans un nouvel endroit. Pour en savoir plus à ce sujet, consultez notre site Internet ICI.

3. Affrontez-les. Nous avons collaboré avec l’ISC BC et le SISC pour élaborer une « boîte à outils « Adoptez un milieu aquatique » ». L’objectif de cette boîte à outils est d’aider d’autres groupes de parties prenantes à protéger nos précieux habitats aquatiques en traitant efficacement les problèmes liés aux espèces aquatiques envahissantes. Cette boîte à outils constitue un guide étape par étape expliquant comment prendre en charge une zone aquatique touchée par des espèces envahissantes, ainsi que la manière de la restaurer et de la gérer. Vous trouverez cette boîte à outils ICI.

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